LA rencontre (part two)...

Publié le par NatduVénéz

LA RENCONTRE (PART TWO)...

5ème et dernière nuit : 

Notre dernière chance...

Santo nous promet qu'il veille pour nous ; il nous comprend, lui qui LA surveille depuis 12 ans... Il comprend que cette rencontre serait un grand moment pour nous.
Il nous dit qu'elle devrait sortir vers 23h-minuit, quand la lune fait son apparition derrière la montagne.
Il promet qu'il nous réveillera.

Ce soir-là, nous avions discuté jusqu'à 22 heures avec Deborah et Eki (un couple germano-argentin qui fait le tour de l'amérique du Sud en vélo... Une autre rencontre surprenante !).
Avant de dormir, je renvoie mon Brad faire une tour sur la plage. Oui, il est un peu tôt, mais on ne sait jamais...
En attendant, Brad Junior se met en pyjama et se brosse les dents...
Nous venons à peine d'éteindre la lumière que surgit un Brad haletant et tout excité :
"Vite, vite, venez, ELLE est là ; je l'ai vue !".
Nous prenons Deborah et Eki au passage et nous fonçons sur la plage, accompagnés de Santo.

Au début, nous ne la voyons pas ; nos yeux ne sont pas encore habitués à l'obscurité et santo nous demande d'attendre avant d'allumer nos torches. Il ne faut pas l'effrayer ; il faut qu'elle s'installe et s'habitue à nous...
Peu à peu, nos yeux s'habituent à la nuit et on LA voit, là, à quelques pas.

ELLE est énorme (bien que Santo nous précise qu'elle est petite pour son espèce), majestueuse, MAGNIFIQUE ! Des gerbes de sable volent jusqu'à nous ; elle creuse, elle prépare l'écrin pour y déposer son trésor...

Ça y est ! Le trou est prêt, on peut s'approcher ; maintenant qu'elle est installée, ELLE ne reculera plus ; elle terminera son travail, ce pour quoi elle a fait l'effort de se hisser si haut sur la plage.

Et nous LA découvrons : elle est encore plus grosse qu'on ne pensait (dans les 1.50 m de long). ELLE respire fort ; ELLE souffle, ELLE souffre (?). A chaque spasme, elle dépose un de ses joyaux, puis souffle... Ça lui prend pas loin de 40-45 minutes... Ses yeux larmoyants nous observent, puis se ferment à chaque contarcation. On entend son souffle, ELLE halète...

Tout à coup, Santo aperçoit des petites traces dans le sable. "Ce sont des traces de bébés", nous dit-il...
Nous remontons les traces et nous les trouvons, des petits bouts de choses de 10 cm à peine. Ils se sont laissés leurrer par la lumière des cabanes et n'ont pas trouvé le chemin de la mer, le chemin de leur mère...
Nous avons de la chance ! Une de SES soeurs a dû venir il y a 2 mois et nous avons, sous les yeux, le fruit de son travail.
Nous nous faisons un devoir de les "sauver". Il y en a peut-être une vingtaine ; certains sont tombés dans un trou, d'autres continuent à s'agiter et à remonter vainement vers la lumière ; l'un d'entre eux est tombé sur un gros crabe qui s'acharne sur sa nuque... La dure loi de la nature... Pour celui-ci, le voyage est fini !

Brad en regroupe un maximum dans son T-shirt ; Brad Junior en agrippe 5 ou 6 dans ses mains en riant et nous fonçons vers le rivage où nous les libérons. Certains, réticents, tenteront de retourner vers la lumière puis finiront par comprendre que ce n'est pas là leur salut...
"On les a sauvés..." soupire Brad Junior, fier de lui...
On lui a épargné le détail des nouveaux obstacles que ces petites créatures auront à franchir : le courant contre lequel il faudra se battre et les gros poissons contre lesquels ça ne servira à rien de se battre...

Nous retournons alors vers notre première rencontre.
 ELLE est toujours là. ELLE a rebouché son trou et semble avoir du mal à sortir de là ; ELLE creuse encore et encore, avançant de quelques centimètres à chaque fois. Santo nous explique alors qu'elle brasse ainsi le sable pour que les prédateurs ne puissent pas trouver facilement son trésor...
En effet, pendant une demi-heure, elle creuse et rebouche à plusieurs endroits : ELLE est maligne !
Et tout à coup, d'un coup de patte, elle sort de cette arène de sable et reprend son voyage vers la mer.

On LA regarde s'éloigner avec un pincement au coeur : en presque 2 heures, on a eu le temps de s'attacher, c'est fou !
ELLE disparaît lentement, au gré du ressac et nous retournons nous coucher avec le sentiment d'avoir vécu quelque chose d'exceptionnel, un peu comme dans un rêve...

Nous l'avons vue, ELLE, 

LA TORTUGA  CARDÓN !  LA TORTUE LUTH !

Et si vous voulez aussi la voir, cliquez ICI.

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mamie 03/06/2007 22:57

C'est vrai, c'est fabuleux ; j'ai assisté au même spectacle en Guyane, par contre, les chercheurs de WWF nous avaient interdit de toucher au petites tortues car en naissant elles sont recouvertes d'un produit qui les protège des microbes; il fallait les guider en mettant devant elles une lampe, elles suivent la lumière de la lampe et tout doucement on peut les guider vers la mer sans y toucher, c'est merveilleux que Clément ait vu ce spectacle

augusta 03/06/2007 01:12

très belle histoire...on ressent toute votre émotion...

Mimi a Houston 01/06/2007 03:34

Oh la la j'avais bien compris qu'il s'agissait d'une tortue mais je ne l'aurais pas imaginee aussi grosse ! Donc c'est une plage ou elles viennent pondre ? (les tortues ne sont pas des mammiferes mais des reptiles) Quelle rencontre ! bien mieux que les alligators !

NatduVénéz 31/05/2007 23:37

Merci jean-Paul de rassurer mon lectorat sur le sort de Bardmaman...

Jean-Paul 31/05/2007 20:48

A tous ceux (celles) qui s'inquiettaient du sort de Bradmaman et d'Arlette : soyez rassurées : pas d'enlèvement (malgré une fouille approfondie de la valise de Bradmaman à l'aéroport) - récupérées intactes à leur arrivée.