Jean et Maria

Publié le par NatduVénéz

Il est des rencontres, comme ça, au hasard de nos voyages, qui nous font dire : " Voilà pourquoi on est expatriés... Voilà pourquoi on aime cette vie, malgré l'éloignement, malgré les difficultés d'adaptation.".
J'ai décidé de vous en livrer quelques-unes, des rencontres de nos dernières vacances...

JEAN ET MARIA
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Notre première rencontre fut celle avec Jean et Maria (dont j'ai changé les prénoms pour respecter leur anonymat).
Ils devaient venir récupérer les passeports de leurs filles auprès de Brad, mais comme nous devions passer près de chez eux sur notre route de vacances, Brad a proposé qu'on les leur dépose sur le chemin.
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Lundi matin, les bagages sont prêts, dans la voiture, et nous aprtons vers notre première escale, Cumana, à 2 heures de chez nous.
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A notre arrivée, nous sommes accueillis par Jean, tout sourire. Il ne nous avait jamais vus (Brad n'avait rencontré que ses filles, pour les papiers) mais il nous accueille comme de vieux amis et nous offre un déjeuner digne des meilleures tables de chefs (salade de thon - spécialité locale car Cumana est un des plus grands ports thoniers de la région - salade de tomates, betteraves, carottes râpées, poisson frais grillé, purée, bananes plantains,...). Bref, un déjeuner pantagruélique.
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Nous faisons alors connaissance avec lui (sa femme, Maria travaille aujourd'hui et nous ne la rencontrerons que le soir).
Jean est arrivé au Venezuela il y a 28 ans comme coopérant français à l'Université de Cumana. Il devait, après son service militaire, rentrer en france faire des études de pharmacie.
Mais voilà que Jean, tout jeune à l'époque, a rencontré l'amour, en la personne de Maria qui partage encore sa vie aujourd'hui, mais il est aussi tombé amoureux du Venezuela.
Il y a parfois des coups de foudre, comme ça, dans la vie, qui ne préviennent pas !

Et c'est alors, contre l'avis de ses parents, qu'il s'installe à Cumana et se marie avec Maria.
Bien sûr, les débuts ne sont pas faciles : passée la période où il fait de la formation à l'Université, il lui faut trouver du travail.
Il fait alors divers petits boulots de manutentionnaire, à droite et à gauche, et achète une "cabane" au bord de la plage (ici au Venezuela, et malgré la mer des Caraïbes, ce sont les plus pauvres, les pêcheurs, qui habitent au bord de la mer - il y a de quoi rêver être pêcheur...) pour s'installer avec sa femme et bientôt sa première fille, puis la 2ème et la 3ème fille.

Maria, qui est institutrice, prend alors un congé sans solde pour élever les 3 filles.
Jean et Maria vivent alors de pas grand chose, mais ils sont heureux. Il faut l'entendre nous raconter, le sourire aux lèvres, comment ils faisaient griller les poissons de leur pêche et combien les filles étaient heureuses de vivre dans l'eau.

Il s'installe ensuite avec un ami, un autre Français, dans un commerce de bougies qui leur autorise de petites économies avec lesquelles ils achètent un petit appartement qui va les rapprocher de la ville et surtout, de l'école pour les filles.
Car malgré "sa vie de bohême", comme il dit, l'éducation et l'instruction retsent très importantes.

Depuis, il a arrêté le commerce de bougies qui demandait beaucoup de temps et d'énergie. Ils ont acheté une petite maison, modeste, mais aménagée avec beaucoup de goût et de chaleur.
Jean a un verger et un potager dont il vend les produits.
Les filles ont grandi ; elles terminent leurs études universitaires et Maria a repris son travail d'institutrice depuis plusieurs années (pour mettre du beurre dans les épinards comme on dit chez nous).

Ils ont gardé la "maison de la plage" pour s'y retrouver à l'occasion de fêtes et pour certaisn week-ends.
Une vie simple, mais tellement riche !

Bien sûr, ils n'ont pas amassé de trésors, ils n'ont pas une grosse voiture (contrairement à la plupart des Vénézuéliens aisés), ni une grande maison, mais ils sont heureux !
Ça se voit, ça se sent quand on est chez eux, avec eux, et c'est un bonheur... 

Il suffit de voir les regards et les sourires échangés entre Jean et Maria pour voir que les 28 ans n'ont pas émoussé leurs sentiments.

Il suffit de voir les visages radieux des filles, qui sont maintenant de jolies jeunes femmes épanouies, pour sentir la bonté de leurs coeurs.

Il suffit de passer 24 heures avec eux (ce qu'on a fait car, après le déjeuner, ils nous ont fait visiter la ville, puis nous ont invités à dîner et coucher - ce qu'on a accepté avec plaisir) pour s'apercevoir qu'ils respirent le bonheur, un bonheur simple qu'ils aiment partager et qu'on reçoit avec joie.

Il suffit de les voir pour comprendre tout le sens de la devise de Jean :

"Etre plutôt que paraître" !

Publié dans Voyages

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jackyodile 25/05/2007 08:21

l'histoire deJean et Maria est tres belle ,et je leur souhaite de continuer à etre heureux, mais il y a un diton " l'argent ne fait pas le bonheur" mais la principale richesse c'est celle du coeur,et je sais que cette richesse vous l'avez au fond de votre coeur.bisous odile

NatduVénéz 24/05/2007 20:15

Merci les "Vouneuilloux", votre commentaire nous va droit au coeur...

lebeaupin claude 24/05/2007 17:04

Si  .....si , il en existe encore des gens comme Jean et Maria , ils sont rares c'est vrai , mais il suffit d'aller faire un séjour chez les Robinus et l'accueil est identique , c'est la maison du bonnheur et ils savent recevoir comme Jean et Maria ( nous avons fais un séjour chez eux donc nous savons de quoi nous parlons ) ; D'ailleurs n'avez vous pas vous - même hebergé une personne pendant six mois en Birmanie .... cela vous ressemble tellement !!!!!!!   Mais l'histoire que tu nous raconte est vraiment belle .Bises .Anne & claude .

titeknacky 24/05/2007 16:37

Oui il y a des rencontres comme ça qui remettent les pendules à l'heure ... que de bons souvenirs partagés ... merci

Bises

NatduVénéz 24/05/2007 13:36

Merci à vous toutes les filles (et oui, je constate qu'il n'y a que des filles...).Je suis heureuse de voir que j'ai réussi à vous transmettre un peu de leur chaleur ; je n'étais pas sûre de pouvoir l'écrire.C'est vrai, comme le dit Laure, qu'il est toujours possible de rencontrer ce genre de personnes chaleureuses et enrichissantes si on sait "renouveler son regard"... Mais je reconnais aussi que c'est parfois difficile et que la vie quotidienne, trépidante, nous empêche de prendre le temps de s'ouvrir aux autres...Vivent les vacances !